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Madre de Dios est le seul
département du Pérou où le superbe noyer du
Brésil
pousse. Ce produit de valeur se développe
aussi dans les forêts avoisinantes de
Bolivie et du Brésil.
Un arbre typique atteint
sa maturité en une quinzaine d'années, même
si sa
production maximale n'est pas atteinte avant
au moins 25 ans. Après ça, l'arbre peut
vivre 100 à 200 ans et produit environ 300
fruits (de la taille d'une noix de coco) par
année. Dans ce fruit extrêmement dur, on
trouve une quinzaine de noix du Brésil.
Pendant les premiers mois
de la saison des pluies, le fruit, qui peut
prendre jusqu'à deux ans pour se développer,
tombe au sol et est récolté par les nombreux
"castañeros", propriétaires de concessions
le long des rivières autour de Puerto
Maldonado (le centre d'exportation et de
traitement principal). Un sac de 50 kg de
noix du Brésil atteint typiquement 70$ à 80$
sur le marché de Puerto Maldonado.
L'ÉCOLOGIE DU NOYER DU BRÉSIL
Les noyers du Brésil n'ont jamais pu
être cultivés et produisent très peu en
plantation. La recherche a démontré que
l'arbre a un système de pollinisation très
spécialisé, exigeant la participation d'un
tout petit nombre d'espèces d'abeilles
Euglossine. De plus, l'arbre ne fleurit que
deux ou trois jours par an. Qui plus est,
les abeilles Euglossines ne se trouvent que
dans les forêts primaires intouchées,
puisque leur propre survie dépend d'espèces
d'orchidées, plantes très sensibles qui ne
poussent pas en forêt secondaire ou
perturbée.
La régénération naturelle
de cet arbre est aussi intéressante. Il
dépend du modeste agouti (Dasyprocta sp), un
gros rongeur, pour ouvrir son fruit dur et
libérer les noix. La noix germe plus
facilement si elle a été enterrée par un
agouti, qui, comme l'écureuil, a tendance à
enterrer ses réserves en période d'abondance.
L'arbre compte sur l'agouti pour oublier ses
cachettes (ou pour mourir), laissant ainsi
la graine germer.
La noix du Brésil, connue
aussi sous le nom d'éco-noix, est classé
produit de forêt non détruite. L'avenir de
la forêt tropicale dépend de tels produits
qui augmentent la valeur de la forêt intacte.
Il existe de nombreux produits de forêt non
détruite, fruits, médicaments, teintures qui
ne demandent qu'à être exploités. Bien que
l'exploitation durable ait commencé, il est
nécessaire de sensibiliser le public à la
valeur économique des produits forestiers.
Ainsi et seulement ainsi, la forêt préservée
pourra entrer en compétition sur pied
d'égalité avec ceux qui veulent voir les
ranchs de bétails remplacer les arbres. |